USA - Politique scientifique
Les États-Unis facilitent les procédures de visas pour les chercheurs et étudiants étrangers - Jeudi, 24 Février 2005 - 2:21 - INFO-NEWS
Le Département d'État a décidé de revenir à plus de souplesse concernant les visas de certains chercheurs et étudiants étrangers aux Etats-Unis. Le programme de sécurité Visas Mantis, mis en place en 1998, avait à l'origine pour but d'éviter le transfert illégal de technologies sensibles. Renforcé après les attentats de septembre 2001, il obligeait jusqu'à présent les scientifiques travaillant dans les domaines de la chimie, de la physique ou encore de l'ingénierie à se soumettre à un contrôle systématique tous les ans, ainsi qu'à chaque renouvellement de visa. Ces procédures étaient particulièrement contraignantes pour certains étudiants, chinois notamment, dont les visas de courte durée doivent être souvent reconduits. Désormais, une vérification initiale sera effectuée et restera valable pour une durée de un à quatre ans pour les étudiants et jusqu'à deux ans pour les chercheurs. Le Département d'État a également annoncé avoir réduit à 14 jours le temps moyen nécessaire à l'obtention des autorisations (une étude du Government Accountability Office montre que les délais étaient de 67 jours entre avril et juin 2003).
Le changement est évidemment bien accueilli par les universités et organismes de recherche qui avaient constaté une baisse des demandes de la part des étudiants étrangers (d'environ 32% entre 2003 et 2004 selon le Council of Graduate Schools), ainsi que du nombre d'accueils effectifs, pour la première fois en 35 ans (on estime ainsi que le nombre d'étudiants inscrits a diminué de 100.000 en 2003-2004, en raison de ces procédures mais aussi d'une concurrence universitaire accrue de l'Europe et de l'Asie).
Il faut noter que l'accueil d'étudiants étrangers représente de l'ordre de 10 milliards de dollars de recettes pour les États-unis en 2004, ce secteur universitaire se situant au 5eme rang des industries de services américaines, ce à quoi s'ajoute le rôle de pourvoyeur de cerveaux pour l'industrie américaine. Soixante-deux présidents d'universités en avaient appelé au gouvernement durant l'été dernier pour relâcher les contraintes en vigueur, de concert avec toutes les associations scientifiques. Par ailleurs, les travailleurs temporaires (Visa H), les employés de multinationales (Visa L), les touristes et hommes d'affaires (Visas B) pourront recevoir un visa allant jusqu'à deux années continues, tandis que les B1 et B2 recevront des visas valables un an.
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 686 - 18 février 2005.
Ambassade de France aux États-Unis - france-science.org - Info Science (France) - infoscience.fr
San José Mercury News 15/02/205 (Security checks relaxed for foreign students) / New York Ttimes 14/02/2005 (State Dept. Relaxes visa rules for some scientists and students)
USA - Politique scientifique
Interrogations sur l'avenir de la recherche américaine - Jeudi, 24 Février 2005 - 2:14 - INFO-NEWS
Les États-Unis sont en train de perdre du terrain dans le domaine des sciences et des technologies : tel est le credo de la Task Force on the Future of American Innovation. Ce groupe de travail, formé en 2004 et constitué de plusieurs organismes scientifiques et d'entreprises technologiques (American Mathematical Society, American Physical Society, Association of American Universities, Computing Research Association, the Science Coalition, IBM, Intel, Microsoft, HP, etc.), préconise une augmentation conséquente du budget de la recherche fédérale, en particulier pour la recherche fondamentale, faute de quoi le leadership technologique pourrait bien échapper aux Américains dans les prochaines années. Plusieurs faits sont montrés du doigt par l'étude de ce groupe. Tout d'abord, les étudiants en sciences et technologie sont devenus minoritaires aux Etats-Unis depuis la fin des années 1990, tandis que le nombre de diplômés américains dans ces domaines en dessous de la licence est désormais plus faible qu'en Europe et en Asie (5,7% contre 8 à 13%). Plusieurs pays dans le monde sont par ailleurs en train de rattraper le niveau d'investissement national dans la recherche et le développement (c'est notamment le cas de la Chine qui a doublé ses dépenses entre 1995 et 2002 passant de 0,6% à 1,2% de son PIB). Enfin, le pourcentage des publications scientifiques attribuées à des auteurs américains est tombé de 38% en 1988 à 31% en 2001 (dépassé par l'Europe de l'Ouest avec 36%) ; la part des États-Unis dans les exportations à fort contenu technologique est quant à elle passée de 31% à 18% entre 1980 et 2001. Tous ces indicateurs sont, pour les auteurs des recherches, autant de signaux d'alarme dont les responsables politiques devraient tenir compte car la recherche scientifique d'aujourd'hui constitue la source des innovations de demain, génératrices d'emplois. Un appel a également été lancé pour réviser le Patriot Act qui freine depuis 2001 l'accueil des chercheurs et étudiants étrangers.
Benchmarks.pdf
futureofinnovation.org
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 688 - 23 février 2005.
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New York Times 17/02/2005 (US tech edge getting dull, companies say)
USA - Biotechnologies
La recherche industrielle sur les OGM en stagnation ? - Mardi, 8 Février 2005 - 15:36 - INFO-NEWS
Quasiment absentes des champs il y a dix ans, les cultures d'organismes génétiquement modifiés (OGM) représentent aujourd'hui une part significative de l'agriculture américaine. Ce succès apparent serait toutefois à nuancer selon le Center for Science in the Public Interest (CSPI), une organisation à but non lucratif qui défend une approche prudente en matière d'OGM. En effet, après des années de croissance, le nombre d'OGM soumis à l'approbation de la Food and Drug Administration (FDA) et au Department of Agriculture (USDA) aurait tendance à décliner.
La première a ainsi autorisé en moyenne 9,4 variétés par an entre 1995 et 1999 contre seulement 3 par an entre 2000 et 2004, tandis que le nombre d'accords délivrés par le second est passé de 8,2 par an à 2,6 par an au cours des mêmes périodes. Pour le CPSI, l'industrie des biotechnologies ne jouerait plus son rôle d'innovation, se contentant de présenter des variétés légèrement différentes d'OGM déjà approuvés. L'analyse des données publiques des deux agences gouvernementales faites par l'organisme montre d'ailleurs que les plus récents travaux concernent peu ou prou les mêmes gènes que ceux des années 1990 (principalement pour la résistance aux herbicides et l'expression de pesticides et non pour des qualités nutritives améliorées) et le même type de végétaux cultivés à grande échelle (soja, coton, maïs.). Le processus de recherche serait en effet trop peu rentable pour des cultures plus restreintes, d'autant que la grande distribution reste réticente par crainte des réactions des consommateurs. La Chine en revanche semble encore en plein développement dans ce domaine.
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 681 - 07 février 2005.
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USA Today 02/02/2005 (Biotechnology appears to be withering as a food)
USA - Zoologie
Pas si bêtes les crânes de piafs ! - Mardi, 8 Février 2005 - 15:33 - INFO-NEWS
Tête de linotte, cervelle de moineau., les capacités cérébrales des oiseaux sont souvent mises à mal dans le langage populaire, mais pas seulement. Les scientifiques eux aussi perpétuent l'ostracisme dont sont frappés nos amis à plumes lorsqu'il s'agit d'intelligence. En effet, depuis le 19ème siècle et les recherches du naturaliste allemand Ludwig Edinger, la nomenclature utilisée pour décrire le système nerveux aviaire regorge de préfixes lourds de sous-entendus du type "paleo" ou "archeo". Et pourtant, les plus récentes recherches sur le cerveau des vertébrés et son évolution ont montré à quel point certaines fonctions et architectures du pallium aviaire peuvent être comparées aux activités cognitives du néocortex mammifère.
On a ainsi pu démontrer que les pigeons différencient les structures artificielles du milieu naturel ou une peinture cubique d'une peinture impressionniste et reconnaissent des symboles visuels sur un écran d'ordinateur. C'est pourquoi un consortium international de 29 scientifiques (l'Avian Brain Nomenclature Consortium), dirigé par Erich Jarvis du Centre Médical de l'Université de Duke (Caroline du Nord), publie après sept ans de recherche, dans le journal Nature Reviews Neuroscience, un manifeste appelant à une révision de 95% des mille et quelques termes traditionnellement utilisés pour décrire le cerveau des oiseaux. Selon les auteurs, "les mots ont une forte influence sur les expériences menées et la façon de penser". Ils espèrent qu'à l'avenir, leur nouvelle nomenclature pourra à son tour guider les travaux des spécialistes des neurosciences.
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 681 - 07 février 2005.
Ambassade de France aux États-Unis - france-science.org - Info Science (France) - infoscience.fr
Washington Post 01/02/2005 (Bird brains get some new names, and new respect)
New York Times 01/02/2005 (Minds of their own : birds gain respect)
USA - Internet / Sécurité
VoIP et sécurité : le gouvernement américain s'inquiète - Mardi, 8 Février 2005 - 15:29 - INFO-NEWS
Suite à un rapport du National Institute of Standards and Technology (NIST), le gouvernement américain préconise une plus grande précaution dans l'utilisation de la téléphonie par IP (VoIP). Cette technologie, qui permet de faire passer la voix par Internet, est en plein boom aux Etats-Unis. D'après le cabinet d'étude Gartner, le marché du VoIP à destination des entreprises et institutions gouvernementales pourrait connaître cette année une hausse de plus de 30% pour atteindre 903 millions de dollars et les investissements pour des systèmes hybrides (VoIP et téléphone classique) passer de 1,5 à 2 milliards de dollars dans le même temps. En 2007, 97% des nouveaux systèmes de téléphones installés devraient être de type VoIP ou hybride. La Telecommunication Industry Association évalue de son côté à 26 millions le nombre d'utilisateurs du VoIP à l'horizon 2008 (65 millions utilisent déjà Skype™). Mais pour les autorités fédérales, ce développement rapide ne doit pas faire oublier aux équipementiers les risques encourus.
En effet, le fait de disposer d'outils adéquats pour la protection des réseaux lors de la transmission des données (comme les pare-feu) ne constitue pas forcément une mesure adaptée au VoIP, qui fonctionne selon des protocoles différents. Le NIST a ainsi émis des recommandations susceptibles de renforcer la sécurité : séparation des infrastructures affectées à l'acheminement de la voix et des données, mise en place de procédures de surveillance, de contrôle et de mise à jour des systèmes VoIP et surtout limitation des logiciels de téléphonie par ordinateur (systèmes de type softphone, par exemple Skype) qui pourraient faire office de porte d'entrée pour les pirates et les virus informatiques, (NDLR - sauf pour le logiciel d'anti-attaques comportemental ViGUARD, qui est le seul à empêcher toute intrusion connue ou inconnue sans mise à jour de signature.)
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 681 - 07 février 2005.
Ambassade de France aux États-Unis - france-science.org - Info Science (France) - infoscience.fr
Financial Times 03/02/2005 (US warns on risk of net-based technology)
USA - Télécommunications
La téléphonie coopérative arrive sur Internet - Mardi, 8 Février 2005 - 15:22 - INFO-NEWS
Jeff Pulver, l'un des membres fondateurs de l'opérateur de téléphonie sur IP Vonage, vient de lancer un nouveau concept de VoIP baptisé Bellster. Ce dernier consiste en un logiciel gratuit à installer sur un ordinateur qui viendra gérer la ligne de téléphone de l'utilisateur comme une petite centrale téléphonique, chaque ordinateur formant une composante de l'auto-commutateur virtuel que représente le réseau global de Bellster. Pour chaque appel, le système détermine d'abord le point du réseau le plus proche du numéro à joindre puis achemine les données via Internet jusqu'à la ligne identifiée qui sera alors considérée comme le point de départ de l'appel. L'objectif à terme est de disposer de suffisamment de noeuds à travers le monde pour que chaque appel, en particulier longue distance, soit considéré comme local, ce qui permettrait de réduire les factures télécoms.
Cette approche applique à la téléphonie le même principe que les systèmes d'échange de fichiers Peer to Peer sur Internet, pour lesquels chaque ordinateur est à la fois client et serveur. Cela suppose que les abonnés acceptent que leur ligne de téléphone soit utilisée par d'autres et réciproquement (contrairement à des systèmes payants comme Vonage ou Skype - ce dernier revendique plus de 65 millions de téléchargements le 8 février 2005). Pour toute minute concédée, ils reçoivent un crédit temps équivalent, utilisable sur Bellster. Le dispositif pose évidemment des questions quant à sa sécurité : un étranger pourrait par exemple usurper une ligne pour des activités illicites. Pour le moment, le réseau Bellster - une forme d'association - compte quelques 500 membres répartis dans 22 pays.
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 678 - 31 janvier 2005.
Ambassade de France aux États-Unis - france-science.org - Info Science (France) - infoscience.fr
Wall Street Journal 27/01/2005 (Internet phone service launches)
USA - NEUROLOGIE
Le cortex visuel en action - Mardi, 8 Février 2005 - 15:15 - INFO-NEWS
Si l'organisation générale du cortex cérébral est aujourd'hui bien connue, les détails de son architecture fonctionnelle ne sont pas aussi clairement élucidés, en grande partie en raison des limites des techniques d'imagerie optique existantes. En se fondant sur une étude récente réalisée in vitro par une équipe allemande, des chercheurs de la Harvard Medical School (Massachusetts) ouvrent cependant la voie à une nouvelle méthode d'observation in vivo du cerveau beaucoup plus précise. Au cours de leurs expériences, présentées dans la revue Nature, Clay Reid et ses collègues ont marqué des milliers de neurones du cortex visuel de rats et de chats à l'aide de molécules fluorescentes sensibles à l'augmentation des taux de calcium, signe d'une activité cérébrale. Ils ont ensuite utilisé le principe de la microscopie à deux photons pour visualiser le fonctionnement de populations entières de neurones chez des animaux soumis à une série d'exercices visuels, et ce avec une résolution de l'ordre d'une seule cellule. Ce type de technique nécessite l'emploi d'un intense faisceau laser pulsé afin d'obtenir l'excitation par deux photons des molécules au seul point focal ; le confinement de l'excitation et la bonne pénétration du la lumière autorise une imagerie en profondeur beaucoup plus fine. Les chercheurs ont ainsi pu mettre en évidence, pour le même besoin de reconnaissance visuelle, des microarchitectures très différentes chez les rongeurs et leurs prédateurs félins. Couplée au marquage "calcium-sensitif", la méthode pourrait conduire à une meilleure compréhension in vivo des mécanismes d'autres fonctions cérébrales (mouvement, apprentissage.) et de certaines maladies neurodégénératives (Alzheimer, Huntington ou Parkinson).
S&T Presse USA - BULLETIN ÉLECTRONIQUE DES ÉTATS-UNIS - Mission pour la Science et la Technologie - Ambassade de France à Washington. Tri-hebdomadaire - numéro 677 - 28 janvier 2005.
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Boston Globe 25/01/2005 (New method captures brain cells in action)